mercredi 30 mars 2016

SCC10/7 - Les sorciers "ligablistes" ou mini-sorciers de proximité


Tout en bas de la hiérarchie sorcière, figurent un certain nombre de mini-sorciers de proximité : des tenanciers, non pas de factoreries mais de petits ligablos publics.
 

Ce sont les chefs de quartiers, chefs d'antennes, chefs de centres de santé ou de postes d'encadrement administratif en charge de différentes affaires  : délivrance de droit d’occupation parcellaire ou vente plus ou moins légale de parcelles, contrôle de la population (résidence, déplacements), recensement agricole ou vétérinaire, recensement sanitaire, scolaire ou électoral, vaccinations, délivrance de documents d'identité, d'actes ou d'attestations, de permis et d'autorisations, de certificats d'inhumation…

Ce sont les OPJ, huissiers, greffiers qui établissent des procès-verbaux de perte de pièces en vue de l'obtention de duplicatas de la carte d'électeur (vendues entre 5.000 et 9.000 FL) ou des PV de saisie (quelquefois « en blanc », sans mentionner les biens devant être saisis)

Ce sont les chefs de postes de contrôle, taxateurs, vérificateurs, certificateurs, douaniers et chargés de perceptions en tous genres : impôts, taxes sur les marchés ou la traversée des rivières, taxe de salongo, taxe de colportage, taxe sur le transport d’huile de palme ou de sacs de braise, prophylaxie des maladies vénériennes, péremption des médicaments ou des aliments mis en vente, hygiène des parcelles, contrôle technique des véhicules, port du casque, assurances obligatoires, campagnes de vaccinations, confinements sanitaires. Ceux qui sont chargés de mettre le timbre et le cachet.  Ceux qui facilitent le dédouanement de sacs de sucre… On s’arrangera pour les faire  passer pour du sel ! Ceux qui arrivent au bureau en retard, s'asseyent très lentement, mangent des mikate avec de la pâte d'arachide en présence de requérants qui finissent par comprendre
- Ohooh ? Bavandeli dossier en attendant de « voir clair » ?
- Boye !
et recourent à la méthode du « suivi » pour faire avancer leur affaire. Ceux qui libèrent au compte-goutte les formulaires ad hoc, enferment quelques pièces dans un des tiroirs de leur table de travail et ne les remettent aux ayant-droit qu'après avoir perçu une juste et raisonnable rançon...

Ce sont, surtout, les balèzes et les fouines, les commandants de sous-ciats et chefs de postes de sécurité : aux bureaux des douanes et de l'immigration du Beach Ngobila, de Yema, du port maritime de Matadi, du port sec de Kasumbalesa ou du  port fluvial du bourg autonome urbano-rural de Maluku, aux barrages et « barrières payantes » établis sur les routes et le long des lacs et des cours d'eau par les corps habillés en kaki, au cachot de la police du pont Makelele, à côté du camp de génie militaire ou au poste de police « Mbata » à l'arrêt Bakajawu, dans le bourg autonome de Bandalungwa, aux cachots des parquets ou au cachot de l'ex-Agence Nationale de Documentation de la ville-duché d'Expo ou à l'amigo de cette même agence situé dans les installations de l'ex-Union Luabongaise de Banque ou dans des lieux de détention plus secrets tels que le cachot souterrain de camp Tshatshi ou même dans des cachots sous contrôle du parquet comme celui de Kalamu et dans les sous-ciats, les petits ligablos publics de police des quartiers, au poste « Cimetière de Kintambo » de la police spéciale de roulage…

Tous ces mini-sorciers, chefs de petits ligablos publics, sont en général (ou se considèrent comme) mal payés... et sont, par voie de conséquence,  toujours à l'affût... et très « proches » d'une population...
- Ohooh ? Proches de quoi, Nat ?
- Proches du peuple, fieu ! Le peuple que vous aimez tant ! Mais nous aussi, nous aimons le peuple ! Dans le peuple tout se mange, non ? Le peuple c'est du cochon ! 
dont ils tirent l'essentiel de leurs revenus : amendes sans quittances, rackets et chantages, participations aux frais, perceptions diverses, pourboires ou mendicité. Les mini-sorciers peuvent être, parfois, compétents (lorsqu'ils disposent d'une qualification technique correspondant à la fonction qui leur est dévolue) mais ils sont aussi, très souvent, despotiques et prédateurs dans l'exercice de cette fonction. 

Ce sont des tyranneaux e des racketteurs, certes, mais ils  ne doivent cependant pas être confondus avec les véritables sorciers dont ils relèvent et dont ils sont tenus de servir les intérêts.





Ndlr : Vous êtes perdu(e)s ?
Et vous vous demandez où trouver un plan de la ville, un menu de la semaine ou une table des matières quelconque… et comment avoir accès à chacune des différentes séries de séquences du buku « sorciers, services et crapuleux » ?
Problème ezali te, cliquez sur : http://sosecra.blogspot.be/








SCC10/8 - Un sorcier alors, fin des fins, c'est quoi ?


Un sorcier, c'est quelqu'un qui a le pouvoir mais dont il n'est pas évident... d'une part, qu'il l'ait reçu du peuple et, d'autre part, qu'il l'exerce de façon transparente, au nom du peuple et dans l'intérêt de tous.

Tout est dit dans ces quelques mots. 

Ou presque...

Une des caractéristiques du système sorcier est, en effet, l'opacité, l'obscurité, la pénombre, la dissimulation, l'absence totale de transparence et de « traçabilité démocratique » : gestion sécuritaire et sans vision, sans protection sociale
- Ohoooh ! Nzambe akosala ?
- Onyati, fieu ! 
de la population, sans objectif autre que celui de l'enrichissement personnel d'une caste, d'une coterie ou d'une bande mafieuse de dirigeants autoproclamés ou (mal) « élus », absence de participation de la population au processus décisionnel, corruption, marchandages et constitution de clientèles. 
Système d'arrangements entre quelques-uns, le système sorcier ne souffre évidemment pas d'être exposé à la lumière du jour. 
Les sorciers, en effet, ont tous couché ensemble, partagent leurs virus et tiennent entre eux des réunions secrètes, Conciliabules (entre sorciers) et conjurations (avec la concours des « services » d'Ysengrin) au cours desquels, la Haute Hiérarchie, père de tous les sorciers et responsable suprême de tous les « services », octroie, renouvelle ou résilie  la confiance qu'elle accorde aux sorciers régaliens, feudataires, légataires, proconsulaires et territoriaux qui se pressent autour d'elle et requièrent son investiture : secteurs stratégiques attribués à des régaliens ou domaines de prédation confiés à des feudataires, établissements particuliers ou zones de chasse octroyées à des légataires, des proconsulaires ou des territoriaux (lesquels disposent des service techniques une équipe de spécialistes : inspecteurs du service de l’agriculture, médecins, etc). 
La Haute Hiérarchie distribue aux membres de sa garde rapprochée et à ses feudataires une part plus ou moins grande d'un gâteau public préparé par les cuisiniers politiques des « services » d'Ysengrin. Ils partagent les faveurs et les charges... et les commissions et opérations retour qui les accompagnent... octroyant aux uns ou retirant aux autres des prébendes en tous genres, stratégiques ou non : domaines, entités territoriales, commandements militaires ou policiers... en ce compris des opérations plus ciblées, sectorielles ou ou ponctuelles telles que la vérification des contributions versées au trésor public par une entreprise minière particulièrement rentable, la gestion d'accords de coopération avec des universités américaines ou européennes, l'octroi de bourses d'études dans des pays étrangers, la délivrance de passeports, de visas ou de titres fonciers, la préparation et le commandement d'une offensive militaire de grande envergure, particulièrement juteuse et prometteuse, l'organisation d'un contrôle ou d'une rafle (ou l'établissement d'une « barrière), la direction d'un hôpital de référence ou d'un complexe scolaire, la mise en œuvre d'une campagne de vaccination, la distribution d'un lot de matelas en mousse et de nombreux cartons de boîtes de conserve « offerts » pas un pasteur sud-africain, le déclassement de véhicules de l’État âgés de deux ans et leur revente pour 500 dollars à soi-même et à quelques proches, la transformation en parcelles d'un cimetière récemment désaffecté ou d'un terrain de football de Kananga, appartenant à un site non-constructibles de la Société nationale des chemins de fer du Luabongo (SNCL) et servant aussi d'aire de jeux pour les enfants de la ville... dont des personnes inconnues, à la solde de sorciers légataires, proconsulaires, territoriaux  et/ou ligablistes non-identifiés (mais que tout le monde connaît) sont venus, la nuit, déterrer les poteaux...

Les mises en place des sorciers régaliens, feudataires, légataires, proconsulaires et territoriaux sont décidées au plus haut niveau compte tenu, particulièrement, de l'importance de leur contribution de chacun à la protection et à l'augmentation des avoirs de la Haute Hiérarchie, du constat de la perfidie des uns ou de la fiabilité des autres et de différentes indications tendancielles qui sont rapportées aux « services » d'Ysengrin par les chiens renifleurs et morpions soldats de tous les jours (secrétaires  et « protocoles », « bureaux » ou « marios », plantons, gardes du corps, chauffeurs et sentinelles, pompistes et personnel hôtelier, tresseuses et bana vernis... devant lesquels on ne se gêne même pas) qui rôdent autour du cul et dans les slips des sorciers régaliens, feudataires, légataires, proconsulaires ou territoriaux et sont préposés à leur surveillance rapprochée...

On notera aussi que les  sorciers régaliens, feudataires, légataires, proconsulaires et territoriaux n'arrêtent évidemment pas de se jalouser, de se tirer dans les pattes, de se disputer des prébendes et commissions... Je gagne combien ?  de manigancer et… Ezali tour na nga ! Pousse-toi de là !, de comploter les uns contre les autres, en fonction des intérêts particuliers des uns et des autres... des "poulets" des uns et des "chiens" des autres... Debré Mpoko vs Tshaku !, un peu comme les divinités annexes et subalternes, plus ou moins intrigantes, qui entouraient Zeus et la bande de saints, plus ou moins secondaires, qui accompagnaient Jésus (alias Issa, autorité morale ou guide claivoyant) dans ses tournées promotionnelles et ses campagnes électorales.

On notera enfin, pour parfaire la description du système sorcier que les sorciers régaliens, feudataires, proconsulaires, légataires ou territoriaux n'aiment pas l'intimité: ils ne se déplacent jamais seuls mais toujours avec des gardes du corps (hommes de main et instrumentistes « à tout faire »), affidés, secrétaires particuliers et babiro, commissionnaires et entremetteurs, chauffeurs, coursiers et domestiques et dans des 4x4 noires climatisées, aux vitres blindées et fumées, avec pare-chocs surélevés, aux sirènes hurlantes, arrogantes, intimidantes et comminatoires

Résumons-nous ! On distinguera, parmi les dirigeants de la sorcellerie, la Haute Hiérarchie qui est hors catégorie… Et dont on ne doit pas prononcer le nom à la légère (tout comme on ne peut pas dire le mot « lapin » sur un bateau)  au risque de se faire suicider, d'être foudroyé par Kake et de mourir dans d'atroces souffrances !, et qui, au centre du système sorcier, fixe la répartition des charges, octroie ou retire les faveurs et...
 - Allo coucou ! Hola guapa ! Tum'aimes toujours ?
- Tu fais chier !
- Tu as quelque chose à me dire, petite chérie !
- Oui, j'ai l'impression que tu vieillis, que tu radotes et que tu te répètes et te répètes encore, Douchka ! 
- Je ne me répète pas, petite chérie (y criticona) ! Ce sont les situations qui se répètent ! Ce sont les décennies  qui se suivent et se ressemblent sans que rien ne change ! J'ai quelquefois l'impression de revivre les mêmes événements, en boucle ! De récrire toujours la même histoire avec les mêmes ingrédients disposés en couches successives, comme dans une caldérade  ! C'est que de Léopold Deux à nos jours, les dirigeants du Luabongo dans ses frontières actuelles… La Haute Hiérarchie !, ont toujours été des sorciers, qu’aucun d’entre eux n’a jamais reçu des habitants de ce pays la mission de gérer leurs intérêts collectifs mais qu’ils se sont tous emparés de la chose publique (par conquête militaire et « prise de possession » du bassin du Luabongo avec la complicité d’intérêts financiers européens et américains, coup d’Etat militaire inspiré par la Royaume de Jupiler et les Etats-Unis, auto-proclamation au poste d'autocrate, cooptation au sein d’un groupe mafieux, processus électoraux truqués et falsification des résultats… et, dans toutes les hypothèses, adoubement par le Tout-Puissant Marché, etc.) et qu’ils se sont ensuite attachés à en conserver le contrôle, à  l’aide de « services » et de crapuleux, en recourant à la force armée et à une justice aux ordres, sans consultation populaire ou moyennant l’organisation en fanfare d’ élections bidouillées ou « boutiquées », en tenant des « réunions secrètes », en montant des « Sting Operations » et notamment des  opérations de « Targeted Killing » (par empoisonnement, accident de voiture ou crash aérien, accident vasculaire cérébral ou méningite fulgurante, refus de donner des soins appropriés à des prisonniers politiques ou d’autoriser un transfert médical à l’étranger, « assassinat crapuleux » imputé à des kuluna ou à un « groupe armé non-identifié ») et autres actions en marge de la loi ! Je ne me répète pas, je souligne ou je surligne !




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SCC10/9 - LES SORCIERS SONT-ILS BONS OU MAUVAIS ?


Y aurait-il de bons et de mauvais sorciers, tout comme il y a de bonnes et de mauvaises odeurs, de bonnes et de mauvaises herbes, des esprits forts et des bigots, des insoumis et des laquais des animaux bienfaisants et des animaux nuisibles ... des parasites, des venimeux, des vulnérants, des porte-virus, des destructeurs ?

Tous les sorciers ne sont pas « mauvais », évidemment, comme le sont Tshaku, La Malibran (ou M'Bweta, son successeur, remplaçant et interchangeable). Ils ne confient pas tous de « sales besognes » à des crapuleux de leur obédience tels qu'un général***,  prélat inquisiteur du Saint-Office dont je continue de taire le nom... Pour l'instant !


Ndlr
 (2016): Jusqu'à ce jour, Ysengrin et le général*** continuent de nuire... dans l'ombre, au plus haut niveau ! 

Pour rappel : émule du général Janssens, le dernier commandant en chef de la force publique coloniale, le général*** aurait déclaré à Ysengrin et à ses autres collègues des "services", en ce qui concerne la libération de Mopoie, Bangazegino et des autres prisonniers politiques de réelle importance, que sa position demeurait inchangée :

APRES LA LOI D'AMNISTIE = AVANT LA LOI D'AMNISTIE !


mais dont je n'arrêterai jamais de dénoncer les actes illégaux

Certains sorciers sont mauvais, effectivement, et se rendent coupables de graves crimes de lèse-société ou d'actes de brigandage en tous genres si bien que leur prétendue seigneurie, grandeur, dignité, honorabilité, excellence, autorité morale ou majesté  devrait être sérieusement bousculée... par des explosions de pralines ridiculisantes dans les corsages ou par des lancers de mangues blettes, de papayes pourries et de cacas Molotov sur les pare-brises ou par tout autre moyen plus ou moins non-violent... ou par un RIIIR libératoire, un soulèvement-rire irrépressible de l'ensemble de la population



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SCC10/10 - Les bons sorciers



Certains sorciers sont mauvais, d'autres ne le sont pas. 
Ou ne le sont pas tout à fait : bons d'un côté et mauvais de l'autre, comme tout le monde, quoi ! 
prétendant s'inspirer de la doctrine politique de l'un ou l'autre philosophe-conseil ou « éclaireur de despotes » et gouverner « selon les lumières de la raison ».  Tout comme on a pu parler, à un moment ou l'autre de l'histoire:
- d'une dictature subtile et apparemment bienveillante (compatissante dirait G.W. Bush), d'un despotisme scientifique ou d'un terrorisme humaniste, 
- d'un esclavagisme décent ou d'un capitalisme sensible (celui d'un entrepreneur capable de fondre en larmes en prenant connaissance des mésaventures d'un sans-emploi, d'un sans-famille, d'un sans-pays ou d'un sans-logis et de récupérer les larmes ainsi produites pour alimenter la douche et les sanitaires du petit personnel de son entreprise ou le système d'arrosage du jardin japonais de sa villa de maître), 
- d'un égorgement (après bénédiction ou étourdissement ou, mieux encore, après quelques cajoleries pour épargner à la bête le stress de l'abattage et lui conserver ainsi toute sa tendreté) en douceur, d'une lapidation vertueuse, d'une crucifixion propre (avec des clous neufs ou désinfectés, non rouillés) ou d'une décapitation respectueuse du prescrit des textes sacrés, 
- d'un tourisme durable, d'un commerce équitable et solidaire, d'une consommation éthique,
- d'un colonialisme rock'n'roll et révolutionnaire, 
- d'un fascisme de progrès  ou d'un mobutisme clairvoyant...
tous inspirés par des juristes-prostitués, des historiens-trafiquants, des écrivains-mercenaires et des économistes-larbins au service de systèmes en perdition...

Bref, tous les sorcier ne sont pas mauvais en tout !  
Et ces sorciers-là, pas si mauvais que ça en tout, policés et bien éduqués, peuvent même se révéler très compétents techniquement, très efficaces au plan de la gestion.

Ces sorciers-là  ce sont ceux qui se prévalent d'une certaine forme de « stabilité économique », (aujourd'hui menacée),de la « consolidation du cadre macroéconomique », avec un taux de croissance estimé à 9% et un taux d'inflation à 1%, d'un budget en équilibre, de la fixation des prix en monnaie locale et d'un marché de change demeuré stable, ce sont ceux qui ont refait quelques-uns de grands boulevard de la ville-duché d'Expo, permis la réhabilitation de l'Integrated Tug and Barge ITB Kokolo au chantier naval de Ndolo et du Motor Boat MB Gungu à Chanimetal, acheté de quelques nouvelles locomotives et de deux Airbus A 320 d'occasion, lancé les travaux de construction du parc agro-industriel de Bukango-Lonzo, facilité la mise en circulation des nouveaux bus de la compagnie Translu dans les rues de la ville-duché d'Expo et octroyé à crédit des minibus Hyondai à des transporteurs privés… Mais pas à n'importe qui évidemment !, Ce sont ceux qui ont lancé une campagne de promotions des industries locales, mis en œuvre le « guichet unique intégral » et ordonné la « bancarisation » de la paie des fonctionnaires, des enseignants et des corps habillés en bleu et en kaki…
A tout prendre, on pourrait même souhaiter que ces autres-là l'emportent, au sein du Grand Conciliabule, sur un certain nombre d'autres sorciers régaliens ou feudataires, considérés comme particulièrement barbares ou incompétents...





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SCC10/11 - Les bons sorciers sont-ils bons ?


Mais si tous les sorciers ne sont pas à proprement parler "mauvais", peut-on pour autant les considérer comme « bons » ?
On doit effectivement se poser la question !
Peuvent-ils être considérés comme bons ? Alors même que la ville-duché d'Expo n'est pas le Luabongo ?
Bons ? Alors même que les grand travaux routiers entrepris dans la ville-duché d'Expo (alias Mboki) semblent avoir pour objet principal, non pas de répondre aux besoins de la population, mais de conduire directement les « hôtes de marque » de la Haute Hiérarchie de l'aéroport de Ndjili au Palais de la Nation  (ancienne résidence du Gouverneur général de la colonie) et aux grands hôtels de la Gombe via les boulevards Lumumba, Sendwe, Triomphal et de la Libération (ex-24 Novembre) transformés en autoroutes urbaines ?
Bons ? Alors que ba nzela nionso  babebi na ba érosioin
Bons ? Alors même que l'avenue de l'Université est à nouveau coupée en deux, à Libulu Manzengele, entre l'arrêt Lafayette et l'arrêt Mobutu, au niveau de la rue Mompulu, dans la bourg autonome de Ngaba et qu'il faut désormais prendre deux « transports » pour aller du rond-point Bongolo au rond-point Ngaba ?
Bons ? Alors même que, faute de mbongo ya transport, les habitants de la ville-duché d'Expo sont, trop souvent, obligés de « faire le pied » pendant des kilomètres, des kilomètres et des kilomètres pour se rendre à leur travail ?
Bons ? Alors même que la plupart des Luabongais n'ont pas de salaire ni de compte en banque  et que certains enseignants de l'intérieur de la sorcellerie se retrouvent dans l'obligation de suspendre leurs enseignements, pendant toute une semaine, chaque mois, pour aller chercher le salaire qui leur est dû à une centaine de kilomètres de leur lieu de travail,  écoles-cases en chaume ou vieilles bâtisses sans faux-plafond et à la toiture croulante ?
Bons ? Alors même les détournements de la paie des agents de l'Etat (ou les ponctions opérées sur salaires) continuent comme dans la passé (avec d'autres méthodes et des complicités diverses, à différents niveaux: agents fictifs dont les comptes sont approvisionnés indûment, etc), que de nombreux agents de l'intérieur du pays ne sont plus payés depuis des mois, que des agents des anciens gouvernorats réclament vainement leurs derniers salaires et indemnités de sortie et les veuves de militaires leurs rentes de survie ?
Bons ? Alors même que l'immense majorité de la population luabongaise n'a pas la possibilité de se déplacer en avion et que la plupart des traverses en bois des rails sur lesquels les  "nouvelles" locomotives doivent circuler sont pourries et que des accidents mortels sont causés par l'écartement des traverses ?
Bons ? Alors que les "autorités" occupent les appartements de luxe sur l'ITB Kokolo et que la "masse" est entassée dans des barges ?
Bons ? Alors même que la prétendue "croissance" dont se vante Cravate Rouge, le chef du Grand Conciliabule,  ne concerne que certains secteurs d'activité liés à l’exportation (à savoir, plus particulièrement, sur "5 ou 6" producteurs miniers... qui, aujourd'hui, le secteur étant fragilisé par la chute des matières premières, ne sont plus que "2 ou 3") ? Et que les « bons chiffres » de l'économie ne se traduisent certainement pas en termes d'amélioration du niveau de vie de la population ?
Bons ? Alors même que cette croissance est tirée par les secteurs miniers et de la télécommunication, à faible usage de main d’œuvre, et ne repose d'aucune manière sur l'agriculture et sur l'industrie locales ?
Bons ? Alors que l’impact social et communautaire des projets forestiers, agro-inustriels, hydroélectriques, pétrolier ou miniers est le plus souvent nul, que leur impact environnemental est habituellement désastreux (par exemple : concentrations de cuivre et de cobalt dans les cours d’eau dépassant toutes les limites acceptables), que les véritables propriétaires de nombreux projets ne sont pas toujours connus, que près de 85%, dit-on, des exportations (bois, pétrole, produits viviriers, minerais, etc) du Luabongo échapperaient au fisc et que, plus particulièrement, un « trou noir » aspire la plus grosse part de la rente minière ?
Bons ? Alors même que de nombreuses industries locales sont à l’arrêt et que leurs demandes de crédits d’investissement ne sont pas satisfaites ?
Bons ? Alors même que des centaines de PME et de PMI sont en sous-exploitation pour cause de déficit et que la production locale souffre de la concurrence des importations bon marché ?
Bons ? Alors même que la plus grande partie du budget de la sorcellerie… Plus de 60%, dit-on !
est utilisé à des dépenses dites « de souveraineté » : assurer le fonctionnement des institutions sorcières à savoir, plus particulièrement, offrir des prébendes aux sorciers et leur assurer un train de vie confortable ?
Bons ? Alors même que la plupart, dit-on, des services de base fournis à la population (santé, éducation, fourniture d'eau,  hygiène, etc) sont négligés ou laissés à l'abandon par le sorcellerie... ou financés par la diaspora, les églises, les ong et les coopérations étrangères (nationales ou internationales) ?
Bons ? Alors même que les réserves en devises de la sorcellerie corresponden, dit-on, à moins de 8 semaines d’importation de biens et services ?
Bons ? Alors même que la construction du parc agro-industriel de Bukango-Lonzo a été décidée par les sorciers sans aucune consultation préalable des populations locales et sans se soucier
- Ohoooh ! Nzambe akosala ?
- Boye !
du sort des femmes maraîchères de la périphérie de la ville-duché d'Expo, des petits fermiers et éleveurs de bétail et des commerçants-transporteurs locaux de produits vivriers ?
Bons ? Alors même que les habitants expulsés de leurs terres ancestrales (qu'ils occupaient "dans l'illégalité, sans titre de propriété écrit établi par le cadastre des titres fonciers", s'indignent les sorciers (en invoquant la loi Bakajika... ou celle de Léopold Deux ?): « Etes-vous assujettis aux impôts fonciers et vous en acquittez-vous régulièrement ?» objectent-ils à ceux qui se plaignaient d'avoir été expropriés) se retrouvent relégués dans les bidonvilles de la périphérie de Kenge ou de la ville-duché d'Expo ?
Bons ? Alors même que les habitants des campagnes, des fleuves, des lacs, des rivières, des montagnes et des forêts sont totalement abandonnés à leur sort et que les ressources naturelles du pays (ses mines, ses forêts, ses terres cultivables, ses ressources hydrauliques et énergétiques) sont exploitées par des entreprises étrangères sans contrepartie pour la population locale ?
Bons ? Alors même que les emplois salariés sont rares (seulement une personne sur cinq justifie d'un emploi salarié, dit-on) et que, pour les familles des travailleurs... Et ne parlons pas des chômeurs !, dès le 10 du mois tozali déjà na date critique ?
Bons ? Alors même que 88 % 
(dit-on) de la population vit sous le seuil de pauvreté ?
Bons ? Alors même qu'avec un PIB de 394 dollars par habitant (en 2015) le Luabongo serait un des pays les plus pauvres du monde ?
Bons ? Alors même que les  élections « libres, démocratiques et transparentes » organisées dans la sorcellerie sont habituellement subventionnées par l’étranger... et que les urnes viennent d’Allemagne, les isoloirs du Liban, les kits électoraux de Chine ou les bulletins de vote d’Afrique du Sud ?
Bons ? Alors même que les élections organisées dans la sorcellerie sont truquées, manipulées ou "faussées" à chacune des étapes du processus électoral (identification des électeurs, désignation des candidats, financement et déroulement des campagnes électorales, opérations de vote, dépouillement des bulletins, compilation et publication des résultats, etc) et que d'incessantes manoeuvres sont opérées actuellement par les sorciers, les "services" et les crapuleux pour assurer le maintien de la Haute Hiérarchie en place au-delà du terme fixé par la Constitution ?
Bons ? Alors même qu'une loi d'amnistie a été votée et promulguée et que, plus de deux ans près (en 2016), de nombreux prisonniers politiques sont toujours maintenus arbitrairement en prison ?

Bons ? Alors même qu’on assiste à présent, au plan politique, à une course au pouvoir (effrénée, déloyale,  féroce)  entre différents candidats au poste de Haut-Hiérarque qui appartiennent tous au même groupe social… un « groupe social » qui s’est approprié la chose publique, a dépossédé le peuple de sa souveraineté, a fait main basse sur toutes les ressources du pays et ne se soucie  pas de satisfaire les besoins fondamentaux des classes populaires et d’en améliorer les conditions d’existence ?





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SCC10/12 - Bons ou mauvais, les sorciers souffrent d'un important déficit de légitimité populaire et sont tous des prébendiers


De toute manière, bons ou mauvais, ces sorciers-là... Ata seraient-ils "bien sapés", "bien formés" et "très compétents" (ce ne sont là, évidemment, que de simples suppositions !)... ont tous un très gros problème : ils n'exercent pas les fonctions de régulation et de redistribution qui incombent habituellement aux responsables de la chose publique, ne se soucient pas
- Ohoooh ? Un gouvernement du peuple, Nat ?
- Gouverner le peuple, c'est le tenir fermement en laisse (lui faire payer des taxes, le contraindre et contrôler ses mouvements), non ? Et notre peuple est bien « gouverné », fieu !
-
Ohoooh ! Un gouvernement par le peuple ?
- Avec quoi tu viens, fieu  ! Tu ne voudrais quand même pas !
-
Ohoooh ! Un gouvernement par les représentants du peuple alors ?
- Tu m'en diras tant !
-
Ohoooh ! Pour le peuple ?
- Ata yo moko ! Ce n'est pas un débat qui nous anime !
-
Ohoooh ! Comment ça donc ?
- Qu'est-ce que tu t'imagines encore, fieu ? Avec quoi tu viens ! Le cahier des charges de la démocratie « à la mode de chez nous » tel que rédigé par les sorciers, en accord avec la communauté internationale des bien-pensants, dans le respect des sauces locales et des préparations souveraines, ne prévoit certainement pas ça !

de répondre aux aspirations profondes et attentes légitimes de ce qu'ils appellent la « masse », la population dans son ensemble.
Leurs « solutions » sont toujours urbaines et de type technocratique, profitables seulement aux membres d’une prétendue « élite » et, de façon générale, aux ressortissants de la République de la Gombe.

Et ces sorciers-là, affiliés à une caste, une coterie ou une bande mafieuse (et dont les enfants, souvent élevés à l'étranger, parlent entre eux le « français ya mulayi » ou l'anglais de Washington ou le mandarin de Beijing lorsqu'ils ne veulent pas être compris par les domestiques ou les gens de la rue), accusent à tout le moins... Comment dire ça avec élégance, sans trop vexer personne ? un important DEFICIT DE LEGITIMITE POPULAIRE…


Bons ou mauvais alors, les sorciers ? Il y en a sans doute, parmi les détenteurs du pouvoir au sein de la sorcellerie, au Luabongo comme ailleurs dans le monde, plusieurs « bons bougres », quelques « crétins » et de nombreux « gredins ». Ou même des « mélangés », ni tout à fait bons ni tout à fait incompétents, ni tout à fait mauvais... mais on doit garder à l'esprit que, faute de légitimité populaire, TOUS, quels qu'ils soient, APPARTIENNENT AU SYSTEME SORCIER. Et que TOUS, à différents niveaux, SONT DES PREBENDIERS, n'exerçant pas de mandat au nom d'un peuple auquel ils seraient tenus de rendre des comptes... mais ayant reçu une prébende, un domaine de prédation (où ils « gèrent » à leur façon un budget, des marchés publics, des accords de coopération, une clientèle, etc), une  territoire de chasse (où ils « règnent » en maîtres, qu'il s'agisse d'une duché, d'une ambassade, d'une ville franche ou d'un bourg, d'un comté ou d'une  baronnie, etc) ou un « commandement » (une région militaire, un bataillon, un commissariat ou un sous-commissariat de police, etc) accordé par la Haute Hiérarchie et quelques sorciers régaliens auxquels ils doivent, dès lors, « fidélité »... et dont ils leur revient, en retour et sous la surveillance des « services » d'Ysengrin, de garantir la conservation et la pérennité du pouvoir, de sécuriser les propriétés et de veiller à l'augmentation des avoirs ...

On comprendra alors aisément que toutes les activités des sorciers doivent obligatoirement « épouser la vision de la Haute Hiérarchie », « suivre la feuille de route tracée par la Haute Hiérarchie », « concrétiser sur le terrain la vision prônée par la Haute Hiérarchie», « mettre en œuvre le programme fixé par la Haute Hiérarchie » ou « s'inscrire dans la dynamique de la vision politique de la Haute Hiérarchie » dont, pourtant, les intentions, calculs et décisions sont imprévisibles mais ne peuvent, néanmoins… C'est là qu'il faut avoir le pied marin pour ne pas tomber dans les eaux du fleuve Luabongo !,  d'aucune manière être contestés. Et que les sorciers, tous prébendiers et tous (sauf quelques rares exceptions) concussionnaires et prévaricateurs par surcroît (trahissant les devoirs de leur charge, marchandant leurs prérogatives et boutiquant leur « poids politique », se faisant graisser la patte, réclamant des commissions… Je gagne combien ?,  des avantages personnels, faveurs et gratifications), qu'ils soient régaliens, feudataires, légataires, proconsulaires, territoriaux ou ligablistes, qu'ils soient apparemment « bons » ou vraisemblablement « mauvais », sont tous, de façon générale, fort peu enclins à engager leur sorcellerie dans un véritable processus de « socialisation du développement »






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SCC10/13 - LE SYSTEME DE MARCHE, SES RAVAGES ET SES RELATIONS AVEC LE SYSTEME SORCIER EN DIFFERENTS LIEUX ET A DIFFERENTES EPOQUES


Il est déjà temps de faire le point, de donner du sens à ce roman-tonneau du villageois, de le mettre en sauce et d'y adjoindre quelques notes soki « idojoliks », soki « idjologiques» et de proclamer haut et fort que, si on veut seulement survivre... on n'a vraiment pas le choix, il faut lutter sur tous les fronts : aussi bien contre le système du Marché qui détruit tout sur son passage que contre le système sorcier qui ne fonctionne pas au mieux des intérêts de tous,c'est le moins qu'on puisse dire...

Les ravages du système du marché

Le système de Marché, en effet, éradique les savoirs anciens, impose les OGM et les engrais chimiques, moque et ridiculise les technologies traditionnelles (ou s'en empare... Commerce équitable disent-ils !, et les exploite et les détourne à son profit), conquiert, soumet, étouffe, défigure, extermine, néantise, privatise les gains et mutualise les pertes, enrichit les riches et appauvrit les pauvres, arase toutes les cultures qui contrarient sa conception du monde fondée, non pas sr la liberté, l'égalité et la fraternité mais sur l'utilité, la rentabilité et l'enrichissement personnel, considérés comme valeurs-étalons. 
Et le système de Marché intimide, réprimande et menace de balkaniser ou de « reprendre en main » les sorcelleries-voyous (le Cuba de Castro, le Congo de Lumumba, le Burkina de Sankara, le Chili d'Allende, le Vénézuela de Chavez, la Côte d'Ivoire de Gbagbo, etc)... à savoir, celles qui ne se plient pas à sa loi, l'empêchent de s'étendre, entravent son expansion. 
Et le système de Marché propose alors de constituer une "coalition" et de lancer une nouvelle croisade !
Ou de convoquer une  nouvelle "Conférence de Berlin", de réunir un nouveau banquet de missionnaires, de diplomates, d'historiens, d'anthropologues et d’anthropophages, de géomètres, de cartographes, de minéralogistes, de pétrologues, de spéculateurs, d’affréteurs de groupes armés et d’armateurs de navires négriers, de philosophes-conseils NewWave, propagandistes d’un modèle de "démocratie" susceptible d’être cuisiné à toutes les sauces locales et autres experts appointés par le système du Marché !


Les relations entre le système sorcier et le système du Marché en différents lieux et à différentes époques


En différents lieux et à différentes époques, consignés dans des limites nationales, à l'ancienne, le système sorcier et le système du Marché se sont en général accommodés l'un de l'autre.
Constantin se convertissait au christianisme pour pouvoir piller les temples dits "païens" et Philippe le Bel faisait main basse sur le trésor de l'ordre des Templiers...
Louis Neuf  frayait avec les « hommes d'affaires » et autres « prêteurs sur gages » : les Fugger d'Ausgbourg, les Médicis de Firenze ou le banquier lombard Tolomei....
Quant à François Premier, il mariait son fils Henri à Catherine de Médicis contre 100.000 écus d’argent et 28.000 écus de bijoux..
Bien plus tard, Léopold Deux de sinistre mémoire faisait des papouilles aux financiers  
- Beernaert, 
- Brugmann, 
- Gerson von Bleichröder (le "banquier de Bismarck"), 
- Léon Lambert (qui, en 1996 reçut de Léopold Deux une concession de noblesse héréditaire avec le titre transmissible de baronet et adopta comme devise "Conscientia Lux mea"), etc... 
pour soutenir ses expéditions et actes de brigandage et de piraterie, conquêtes et invasions militaires, razzias et entreprises d'occupation et d'exploitation coloniale dans le bassin du fleuve Congo...
Hitler avait hier des accointances avec Krupp tout comme, aujourd'hui même, Abou Bakr al-Baghdadi frouchèle avec les industriels du pétrole...
etc...

Mais jusqu'à il y a peu  les sorciers restaient  toujours à la manœuvre.  

Apparemment. Le plus souvent. Ce sont les sorciers, en effet qui menaient les nations et non pas les argentiers. 
Tel n'est plus tout à fait le cas aujourd'hui.

Tel n'est plus le cas, particulièrement, depuis que les grandes et puissantes sorcelleries du Nord ont perdu le contrôle sans partage qu'elles exerçaient... Tango ya ba Noko (soki Tango ya ba Wendo) !, sur toutes les sorcelleries du Sud et leurs « ressources » : minières, agricoles, forestières, halieutiques, hydrauliques, hydroélectriques, pétrolières, financières... et humaines.

L'ordre hiérarchique tend de nos jours à s'inverser. 
Le système du Marché ne fonctionne désormais plus en appui du système sorcier. 
Comment, par exemple, une sorcellerie nationale d'importance démographique et économique moyenne (par rapport aux Etats gros-bras que sont notamment la Chine, l'Inde, la Russie ou les Etats-Unis) comme la République autocratique du Luabongo, pourrait-elle s’imposer au système du Marché mondialisé... alors même que de simples entreprises multinationales installées au Luabongo y réalisent un chiffre d’affaires très largement supérieur (30 fois dans le cas de Glencore... avant les difficultés actuelles de l'entreprise résultant de la baisse du cour des matières premières) au budget de tel ou el Etat dans lequel elles exercent leurs activités ?

Désormais, qu'on le veuille ou non, c'est bel et bien  le système du Marché qui prévaut sur les anciens systèmes sorciers nationaux... dont le Tout-Puissant Marché se sert encore, qu'il donne parfois l'impression de servir mais dont il s'est, en fait, complètement émancipé.

Des para-sorcelleries se sont, en effet, constituées avec leurs propres « services », leurs propres crapuleux et leurs propres « instrumentistes » dévoués à la solde d'un nouveau d'un type de "capi mafiosi" : les  tycoons, les « oligarques » de la finance internationale, les administrateurs des fonds de pension, de JP Morgan Chase et de différents autres holdings financiers, pétroliers, miniers ou industriels. 
Et, bien sûr, les fondés de pouvoir des fonds vautours basés dans des paradis fiscaux (tels que Nml ou Aurelius). Et dont les crapuleux (appelés quelque fois « lobbyistes », avocats d'affaires ou courtiers en bourse) et autres instrumentistes (à savoir les  « informateurs », « taupes », « espions », « scouts », « voyageurs de commerce, représentants, placiers, VRP »... ou « saboteurs », « provocateurs », « fomentateurs », « fournisseurs d'armes »... ou même « tueurs » à gages) ont pour mission de servir, non plus les intérêts d'une sorcellerie nationale mais des intérêts capitalistes transnationaux. 
Et les anciens petits marchés « nationaux » ont été (ou sont en voie d'être) incorporés, engloutis, avalés, gloutonnés.

Le Marché est grand ! Le Marché mène à tout et tout mène au Marché ! Loué soit le nom du Marché ! Le Marché donne et le Marché reprend ! Le Marché est partout ! Le Marché est de tous les temps ! Nzimbu et cauris, mitako et croisetttes, Zakât et Jizya,  quêtes et collectes, aumônes et pourboires, salaires et cachets, loyers et fermages, dépôts et consignations, hawala (ou hundi) et bitcoins, actions et obligations, placements et crowdfounding, fondations et donations, impôts et corvées, prêts et subventions, dîmes et redevances, retenues et cautions, franchises et garanties, prélèvements obligatoires et retenues à la source, astreintes et amendes, apports et libéralités, butins et rançons, rackets et opérations retour, dot et moziki, cotisations et « participation aux frais », droits de pollution et fonds spéculatifs, droits d'entrée et autorisations de sortie, ropi montois et valeureux liégeois, lar et mupatas, ngunda, dango, mbongo, gratifications, dessous de table, jetons de présence et commissions occultes, rien n'échappe au Marché ! Conflits armés, épidémies, chômage, racisme, terrorisme ou catastrophes naturelles tout est dans le Marché ! Le Marché voit tout, entend tout et règle tout ! Le marché mange tout et tout se mange dans le Marché ! Craignez le Marché ! Le Marché est Tout-Puissant !

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes marchands.
La religion du Tout-Puissant Marché mondialisé a remplacé le culte des différents dieux ou démons Mammon (d'origine araméenne) ou Gambada (le dieu vaudou qui apporte la richesse) .locaux, mânes, authentiques, domestiques... et subordonnés à des sorciers dits nationaux. 
En ce début du XXIe siècle, ces vieux dieux nationaux au services des autocraties locales (les "sociétés générales" de tel ou tel vieux pays) ne se déplacent plus qu’en chaise roulante, souffrent d’escarres et de rigidités dans les articulations, sont parasités par l’onchocercose volvulus et devenus quasiment aveugles, éprouvent de très grandes difficultés à parler, à formuler les mots correctement et à s'exprimer de façon compréhensible.
Et ces antiques divinités toutes puissantes... n’ont à présent plus grand chose à dire et n’arrivent même plus à lire leurs prompteurs ni même à avaler leurs panades.
Et portent peut-être encore des slips de satin fuchsia... mais n'ont plus aucun lézard urticant ni rollmops sirupeux à fourrer dedans !


Et, après avoir vainement tambouriné avec les doigts sur la table, ces vieux dieux nationaux, rongés par la cirrhose, enragent de devoir frapper du poing sur le comptoir pour appeler un garçon ou une serveuse... qui ne lèvent même pas les yeux de leur magazine, ne les voient même pas, ne les entendent même pas et ne se dérangent même plus.





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